"/\/\/\Y/\" M.I.A.

Publié le par Pacifisme et Rationalité

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Mademoiselle Gaga, veuiillez retourner aux vestiaires. Vous n'avez plus rien à faire sur le terrain, on vous le répète depuis assez longtemps. De plus, voyez cette jeune londonienne qui contrairement à vous sait ce qu'est l'underground et l'urbain.

 

Pour ceux qui auraient manqué un épisode, le premier apercu de ce nouvel album était un clip de 8 minutes. Ce dernier était réalisé par Romain Gavras (collectif Kourtrajmé) et mettait en scène une rafle de roux dans un déchainement de violence et de poussière. Puis l'album devait sortir le 28 juin, il a été repoussé au 13 juillet. Aux commandes du nouvel opus, on pourra retrouver Diplo & Switch (créateurs du tout nouveau label Major Lazer), Blaqstar et Rusko (dont le nouvel album "OMG" est sorti récemment).

 

Dès le début, on reconnait ce son unique qui caractérise M.I.A, tout droit sorti de l'usine et ses machines. L'introduction n'était cependant pas nécessaire, on a une petite minute qui n'a pas vraiment de spécificité ormis le fait qu'elle annonce les sonorités de l'album. "Steppin Up" nous fait savoir que la tendance est à la Dubstep. Les bruits de perceuses et d'avions rajoutent un coté noise au morceau. Pour suivre, "XXXO" nous laisse un peu perplexe. Voilà un morceau qui ressemble énormément à du Uffie.

 

Comme nous le disions précédemment, la tendance est à la Dubstep. On aura donc le plaisir de se frotter à de belles basses agressives tout au long du CD. Cependant, il ne s'agit pas de Dubstep pure et dure. En règle générale, le son sera moins nette qu'un morceau de Dubstep. Le coté underground de M.I.A. prend le pas sur toute autre forme d'influence musicale. Elle arrive à nous faire entendre du bruit parfaitement organisé. Ces ambiances sont planantes et piquantes tout comme sa voix. "Lovalot" représente bien cette dualité. Il très intéressant d'observer que ce rapport est un vrai moteur et les musiques ont toute leur rôle à jouer. Ainsi l'interlude Reggae "It Takes A Muscle" surprend mais ne parait en aucun cas hors sujet.

 

Il est intéressant de noter que toutes ces sonorités parfois stridentes instaurent une certaine tension. Cette dernière explose sur certains titres tels que "Born Free" ou "Meds and Feds". La fin de l'album marquera un retour au calme avec deux titres très typés pour ainsi dire. Tout d'abord "Tell Me Why" est calqué sur "Paperplanes", morceau qui figurait sur la BO de "Slumdog Millionaire" de Danny Boyle. Et pour finir un CD assez court (40 minutes), "Space" est tellement figuratif que ca en devient gênant. On appréciera malgré tout de finir sur cette touche sucrée et se croire dans un space opéra d'un genre inédit.

 

En Bref : Un album tout droit venu d'Angleterre. Une expression qui en dit long sur l'avant garde de ce pays. Cette londonienne d'origine tamoule nous offre de l'anti soupe, poison très efficace s'il est administré à forte dose.

Publié dans Musique

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