"Tournée" de Mathieu Amalric

Publié le par Pacifisme et Rationalité

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Mathieu Amalric, dandy ludique, revient derrière et devant la caméra. Un volte-face qui n'est n'est pas toujours évident.


Le Pitch : Joachim, ex producteur pour la télévision, fait son retour en France avec un spectacle de cabaret "New Burlesque". Lui et ses strip teaseuses parcourent la France avec l'espoir de pouvoir jouer à Paris. L'affaire ne semble apparemment pas évidente.

 

"New Burlesque", mouvement artistique qui a vu le jour aux Etats Unis à l'aube des années 1990, met en scène des artistes en petites tenues. Les principales influences de ce mouvement sont les années 50, avec la gloire du rock'n roll et des légendaires pin ups, et la naissance du Cabaret osé lié au Moulin Rouge et aux Folies Bergères par exemple. Le terme burlesque n'a aucun rapport avec le style humoristique. Tout ceci n'est pas dévoilé dans le film, mais le réalisateur a su créer chez le spectateur une sorte de curiosité sur ce genre qu'on connait vraiment peu.

 

En effet, notre curiosité est titillé par de nombreuses scènes des numéros des danseuses. D'ailleurs les comédiennes sont des strip teaseuses. Tour à tour, les filles nous ont fait rire, nous ont ému et nous ont fait rêver. Leurs corps sans complexe font surement partis du sujet du film. Une ode à la femme bien dans son corps, avec ses rondeurs ou non. Des filles qui créent leurs numéros sans aide masculine. Cependant, le film n'est pas une revendication d'un féminisme exacerbé. Amalric a filmé des femmes dans ce qu'elles ont de plus beau. On notera la douce fragilité de Mimi Le Meaux, strip teaseuse tatoué et beauté fatale.

 

L'histoire ne sera pas pourvu d'incessants rebondissements, nous pouvons vous l'affirmer sans ruiner votre film. Il s'agira d'avantage de capter les émotions, les problèmes, les joies et les peines des différents protagonistes. Amalric (acteur) incarne un père qui ne sait pas y faire mais qui aime profondément ses enfants. On s'attachera à ce personnage qui a l'air sans doute perdu dans ce siècle. D'ailleurs, une drole d'impression traverse la première partie du film, on a du mal à situer l'époque à laquelle se déroule l'action.

 

Amalric (réalisateur) est une crème de conception cinématographique. Il joue avec l'obscurité avec une subtilité peu commune. Ce jeu, il le fait sur des scènes spéciales qui prennent une dimension supplémentaire avec cette lueur De Profundis. La photographie n'est pas à tomber par terre mais elle sert bien un film qui dure presque deux heures, elle ne le rend pas ennuyeux. La scène finale est très évocatrice de l'état de Joachim, toute la troupe se retrouve dans un hotel désert près de Toulon ou Bordeaux, nous ne savons plus très bien.

 

A ce sujet, les hotels deviennent des éléments vraiment importants de l'oeuvre. La manie de Joachim à demander à ce qu'on coupe la musique d'ambiance et son obsession à prendre les boites d'allumettes et bonbons donnent aux lieux des traits de caractères.

 

En Bref : Un film très simple sur le fond mais formidable sur la forme. Le jeu d'Amalric est superbe comme à chaque fois et les numéros des girls valent le coup d'oeil. Paris réussis malgré les apparences.

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