"Rubber" de Quentin Dupieux

Publié le par Pacifisme et Rationalité

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"L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites" A. Camus

 

Le Pitch : Les spectateurs auront le loisir de suivre les aventures de Robert, pneu psychopathe doué de pouvoirs télékinésiques qui sème la panique dans une petite ville américaine.

 

En voilà une belle entrée en matière, connaissant le sujet du film comment être attiré par cette histoire de série Z complètement assumé  ? Il suffit d'agréer à l'oeuvre de Quentin Dupieux aussi connu sous le nom de Mr Oizo. Son esthétique basé sur "le grand n'importe quoi" trouve rarement son pareil dans notre environnement actuel. Selon ses dires, il n'y aura donc pas besoin de chercher de grands principes ou de belles réflexions dans son second film.

 

Nous sommes donc tiraillés pendant tout le long du film quand nous vient une vague interprétation de ce que pourrait être ce long métrage. Alors on se force à ne pas réfléchir, à voir cette chose aussi brut que possible. Malgré tout le cinéma reste un art et on sort avec l'impression d'une grande leçon de philosophie du cinéma qui nous a radicalement échappé. Et ce par des processus très habiles. "No Reason", c'est le mot d'ordre que nous donnera l'avant-propos.

 

Les personnages des spectateurs sont très représentatifs de ce qu'il pourrait se passer dans la salle. Il est aussi important de parler de l'humour absurde omniprésent. Le scénario en est déjà une preuve édifiante. Les allers/retours incessants entre fiction et semi réalité ne finiront pas de nous perdre. les repères sont bousculés un par un. Même les fans d'Ed Banger y trouveront leur compte, outre la musique rétro-futuriste et délicieusement kitsch, on aura le plaisir de voir apparaître Gaspard Augé (Justice) en vélo-stoppeur et Busy P en acteur du génocide pneumatique.

 

Nous finirons par vous parler du grain de ce film qui est tout simplement impressionant. Les scènes contemplatives sont bluffantes. On a l'impression de discerner chaque grain de poussière, de sentir le goudron chaud et le caoutchouc usé. Au diable vos caméras HD et vos films 3D, leurs productions ont cent mille fois plus de cachet. Au fond, on sent que Quentin Dupieux est à la fois cinéphile et cinéaste accompli, le résultat est très plaisant.

 

En Bref : Un film étrange et drôle (tout comme "Steak" l'était) parfois dérangeant par son ambiguïté perceptible. Nous pensons qu'il y a une portée philosophique empirique derrière tout cela, le réalisateur nous le cache, les révélations lorsqu'elles tomberont seront terribles et "Rubber" rentrera dans le Panthéon des oeuvres étudiées en école de cinéma.

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