"James Blake" - James Blake

Publié le par Pacifisme et Rationalité

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"C'est à l'endroit où l'eau est la plus profonde qu'elle est le plus calme" W. Shakespeare

 

James Blake n'est encore qu'un jeune homme et pourtant il a fait chavirer les estomacs de tous ceux qui font l'actualité musicale. Proche des Mount Kimbie, les premières esquisses de sa carrière se traduisaient par un post-dubstep mélancolique et une esthétique glitch cotonneuse. Puis est venu le temps de la division avec la reprise "Limit To Your Love" dans laquelle le prodige donnait de la voix avec une sensibilité soul incroyable mais qui le détachait de ses précédentes expériences.

 

Et la sortie de son premier album en début de semaine ne mettra pas tout le monde d'accord, la voix y est omniprésente. Mais cette voix frêle est au service d'une musique délicate sans être niaise. L'utilisation du vocoder est étonnante, le coté kitsch de l'effet est toujours présent mais James Blake lui astreint une sensibilité, comme dans "Lindisfarne" par exemple. On appréciera aussi les envolées gospel avec "Measurements" en respectant le coté arythmique du genre.

 

James Blake maîtrise à la perfection sa palette de sons électroniques. Ces productions sont très propres et nous avons eu l'impression que tout le travail de cet artiste a été d'injecter de l'expression dans les sons sinusoïdaux qui paraissent parfois un peu fades et très stéréotypés. "The Wilhelm Scream" est une sorte de montée en puissance massive avec une formule de départ vraiment minimaliste.

 

Un autre point qui semble cher au jeune anglais est la virtuosité du silence. Dans "Limit To Your Love", on appréciera l'infrabasse qui met à nu la chanson. Le phénomène de résonance participe à ce travail sur le silence, l'intime. Autre détail qui nous a frappé, c'est la volonté d'une polyphonie vocale faite par une seule voix qu'on reconnaît bien qu'elle soit maltraitée. Cela donne rajoute un plus au côté cocon moelleux.

 

En Bref : En quelques secondes, James Blake nous enferme dans une sphère aquatique dont on ne veut plus sortir à la fin des 37 minutes de l'album. La coupure maladroite de l'album finit de nous rendre profondément dépendant.

 

Mention Spéciale : A mettre entre toutes les mains.

Publié dans Musique

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