"Ivory Tower" Gonzales

Publié le par Pacifisme et Rationalité

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Savant mélange entre Cheshire Cat et une partie d'échec extravagante, le "musical genius" n'en finit pas de satisfaire ses propres souhaits, aussi improbables soient ils.

 

On ne saura jamais ce qui passe par la tête de Gonzales entre deux albums. Une transition insoupçonnable reliait "Solo Piano" à "Soft Power", il en est de même une fois encore. De plus, cet album est la bande originale du film éponyme dans lequel on retrouvera l'artiste confronté à son frère (Tiga), tous les deux amoureux de la même beauté interstellaire (Peaches). Une sorte de "Casablanca Driver" des échecs.

 

Commençons par ce coté musique de film très embarrassant pour la critique. Certains morceaux comme "Final Fantasy" sont de faibles illustrations d'images. De plus comme il s'agit d'une comédie, on en rajoute sur le coté nian nian des scènes romantiques. On aura le droit aux accords de "Amour, Gloire et Beauté" et une petite section cordes haletante. Les synthés et leurs nappes n'arriveront pas à rattraper le tout.

 

La collaboration avec Boys Noize est un vrai délice. On retrouve le charme de l'Eurodance d'antan. Mais Gonzales rajoute son petit grain de sel qui rend l'objet incontournable. Ce grain de sel se retrouvera dans le son. L'équilibre entre instruments réels et électro est réussi. Les timbres sont très riches et le rendu sonore est impressionnant. Et Boys Noize mérite bien son surnom d'Ed Banger allemand. On appréciera cette énergie disco servie par des vibrations complexes et underground.

 

De plus, Gonzales nous ravit avec son travail sur la polyrythmie. Dès "Knight Moves", il nous prouve que des rythmes qui s'entremêlent donnent rapidement l'étincelle de l'énergie de la musique Dance. Les interludes Piano / Rap sont géniaux. Gonzales y ajoute un petit coté R'nB avec des refrains chantés. Des paroles avec cet éternel brin d'acidité qui avait embrasé l'album "The Entertainist".

 

L'album s'évade dans plusieurs directions. On pourra donc entendre du clavecin sur "Rococo Chanel" suivi du très entraînant "Never Stop". Dans ce morceau, on retrouvera ce coté Rocky, qui caractérisera d'avantage le film apparemment. Il s'agit d'une efficace montée en puissance de 5 minutes parsemées de "Never Stop" clamés en écho. Pour terminer ce tour d'horizon, la machine à remonter dans le temps nous replongera dans nos premiers émois avec Sly & The Family Stone avec des titres tels que "You Can Dance".

 

En Bref : Un album omnipotent réalisé de mains de maestros. Dommage que le coté musique de films prenne le dessus à certains moments. Nous attendrons la sortie du film et nous vous en reparlerons très certainement.

Publié dans Musique

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