"In D" Arandel

Publié le par Pacifisme et Rationalité

http://www.goodkarma.fr/wp-content/uploads/2010/06/arandel-in-d-300x300.jpg

 

 

L'ombre grandissante d'un homme masqué s'approche. Cependant, aucun corps ne fait son apparition et l'ombre grandit à vue d'oeil. Qui de l'auditeur ou de l'artiste se cache vraiment ?

 

Sympathique trublion au visage non dévoilé, la dernière recrue du label InFiné a sorti son album fin juin et nous avions omis d'en parler. L'erreur est réparé. Vous l'imaginez surement, nous nous permettons de faire un bon d'un mois dans le temps car l'album en vaut la peine. Le titre de l'album "In D" fait référence à la composition de Terry Riley "In C". Ainsi le jeune compositeur se réclame de l'école répétitive et minimaliste. Il est vrai que la musique électronique minimaliste est très riche dès qu'elle s'inspire des procédés de musique classique contemporaine.

 

Le disque est un ensemble de variations autour de Ré, chacune d'entre elles sont numérotées exceptées "Epilogue" et "Ouverture". A ce propos, on remarque que les variations ne sont pas dans l'ordre, on trouvera l'ouverture après l'épilogue pour l'exemple. Le mélange des timbres est vraiment très agréable. Les beats seront très secs et spontanés, on pourra rapprocher leurs sons de celui du mexicain Murcof. Mais contrairement à ce dernier, le silence dans la musique est moins éloquent et Arandel n'utilise pas de samples.

 

Les instruments sont donc réels et leurs sonorités s'entrelassent dans une vague très zen, dans un style proche de Bonobo. "In D#9", intelligement placé à la moitié du CD, est le morceau le plus puissant. On notera aussi la présence importante des voix, notamment celle de Fredo Viola sur "In D#6", pièce qui en devient presque baroque. En ce qui concerne les processus d'écriture, la polyrythmie s'invite fréquemment, richesse supplémentaire emprunté à Terry Riley. Pour terminer sur les timbres, on entendra ca et là des basses plus torturés que l'ensemble à majorité minéral.

 

Arandel nous invite au voyage avec ce CD qui s'écoute d'une seule traite. Un lent parcours qui est fort bien dirigé. On a l'impression de se perdre en terres connues. Les éléments se succèdent mais reviennent à la charge plus tard, parfois déformés. Dès lors, on voit se générer une certaine complexité. La circularité sans jamais tourner en rond. La monotonie viendra peut être d'un tempo peu changeant.

 

En Bref : Un album profond et rare, une ode à la respiration et au calme, une perle au bord de l'eau qui se doile à peine. Peut être qu'en plongeant pour la chercher, on se verra arriver plus bas que ce que l'on aurait pu penser.

Publié dans Musique

Commenter cet article