"Dog Pound" de Kim Chapiron

Publié le par Pacifisme et Rationalité

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Grande année qu'est 2010 pour l'écurie Kourtrajmé, voilà le second long métrage du King Chapiron et il sera suivi par la sortie de "Notre Jour Viendra" du globe trotter Romain Gavras.

 

Le Pitch : Trois jeunes adolescents, respectivement nommés Angel, Butch et Davis, se retrouvent dans l'établissement pénitenciaire d'Enola Vale spécialisé dans la délinquance juvénile. Ils seront confrontés aux nombreux problèmes qui jonchent la prison.

 

Qui pouvait s'attendre à un réalisme si frappant de la part de Kim Chapiron ? Remontons quelques années en arrière et remémorons nous le très surréaliste Sheitan et sa folie contagieuse. Deux films qui se rejoignent par un intérêt certain pour l'adolescence contemporaine. Une jeunesse qui se perd sans doute. Dans "Dog Pound", on voit une adolescence violente, hors de tous types de sentiers. Chacun veut se faire respecter, tout le monde se jauge, une loi de la jungle urbaine.

 

On notera l'effort du réalisateur à montrer des gardiens de prisons comme des hommes ordinaires vivant dans un milieu extraordinaire. Leur rôle est primordial, ils essaient tant bien que mal de remettre sur pieds des adolescents bien mal en point. L'un d'eux sera aussi l'élément central d'une scène qui fera basculer le film. C'est à ce personnage de maton que le public est censé s'identifier. Impossible de choisir de s'intégrer à un gang ou à un autre même si l'histoire est orienté vers certains protagonistes. La violence est aussi puissante d'un coté comme de l'autre, ainsi la vengeance n'est pas jouissive pour le spectateur. Elle est l'image d'un enchainement d'évènements excessifs qui ne mènent nulle part.

 

Il ne faudra cependant pas compter sur la complexité du scénario. Mais ce n'est pas ce qui fait que le film est intéressant. Le coté cinématographique réside dans la manière dont Kim Chapiron met en scène son drame. Il maitrise très bien le couple image/musique notamment avec le silence qui rappelera les films de Jim Jarmusch. La mise en scène en fait un film de contraste, alors le réalisme de la violence est renforcé par des scènes où la tranquilité est maitresse. Sans vouloir en dire trop, la scène de fin nous a paru vraiment d'une beauté rare du point de vue des couleurs, de la tension, de la simplicité, du drame, etc.

 

On observera par ailleurs que les réalisateurs francais sont vraiment doués lorsqu'il s'agit de peindre l'univers carcéral. Jacques Audiard et "Un Prophète" ont aussi cette subtilité de cinéma. "Dog Pound" le rejoint dans la catégorie des films dont la tension ne quitte pas le corps du spectateur ne serait ce qu'une demi seconde. Nous pensons aussi à la saga "Mesrine" de Jean Claude Richet et les scènes de Quartier Haute Sécurité.


En Bref : Un film coup de poing comme ils disent. Pour nous, un film de contrastes proposé par un réalisateur subtil et méticuleux dans sa facon de faire du cinéma. Kim Chapiron connait et fait parti de ce que l'on appelle le septième art en tant que tel.

 

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