"613" Chapelier Fou

Publié le par Pacifisme et Rationalité

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Fraichement sorti des studios d'Ici d'Ailleurs, est-il bon de se faire passer pour un Chapelier Fou en ces temps de résurrection Carrollienne ?

 

Après plusieurs EPs savoureux, ce violoniste aguéri sort enfin son premier album. Le concept de Sampleur Fou, armé à la fois d'acoustique et d'électronique, fait rêver. Peut être un peu trop d'ailleurs. Le premier morceau dispose d'une longue introduction de 3 minutes, le rythme est lancé trop tard pour être stoppé trop tôt. Pour le moment, nous n'accrochons pas. La même erreur se reproduira sur le morceau Le Quart de Ton.

 

A l'inverse on prendra le temps d'apprécier la polyrythmie qui règne sur certaines plages telles que Laggage. La pépite de cet album est très certainement Grahamophone, la batterie est pleinement assumé dès le début, l'électro pointe un peu plus que le bout de son nez, ca s'énerve, ca a du coffre. On bug, on redémarre pour finir à très haute dose sur la fin du morceau. Pour le reste, les morceaux ne se révèlent que bien trop tard. Par exemple, Inside Of You prend une énorme valeur seulement dans les 45 dernières secondes.

 

L'univers est assez différent de ce qu'on avait pu entendre sur les EPs, le violon en fait des tonnes, on dirait de l'Académisme lyonnais à la Bouguereau. En témoigne le morceau : Elle est l'eau qui fait le torrent. Dès lors, on bascule dans le mauvais gout de l'électro : le métissage forcé. Les nappes de violon superposées restent fades. Nous préfèrions quand le violon apparaissait de manière intimiste. On a l'impression qu'on veut faire aimer l'électro aux violonistes et le violon aux oreilles bercées à l'électro.

 

Le plus gênant est peut être ce faux semblant de Yann Tiersen qui hante tout le disque. Nous n'achètons pas un CD du Chapelier Fou pour entendre Yann Tiersen. L'exemple le plus probant est sans doute Half of the Time. L'insertion de matières électroniques ne relève pas le niveau car l'ensemble se prélasse dans une atmosphère guimauve. La guitare prend aussi trop de place et déplace encore le genre du CD.

 

En Bref : Une déception immense, un univers à la limite du potache, quelques envolées réhaussent le ton et nous proposent une musique plus sérieuse. Nous ne comprenons pas pourquoi le mélange n'a pas pris alors qu'il avait pris lors de l'achat du premier EP. Un artiste qui nous réserve de belles promesses, car le potentiel est "Hénaurme" comme disait Flaubert. Vous écouterez ce CD agréable mais n'en perceverez pas une quelconque épice.

 

Je vous invite à découvrir cet artiste sur son Myspace : Ici

 

 

 

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